Jack Arel : biographie

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Strange Galaxy, 2 coffrets en vente le 27 mai 2007 : Jack Arel / originals & remixes


Ce compositeur français appartient à la constellation des compositeurs qui ont marqué au fer rouge l'illustration musicale des années 60/70. Fruit d'une longue et fructueuse collaboration avec Chappell, entamée en 1966. Avec Jean-Claude Petit ou Pierre Dutour comme complices d'écriture. L'impact de ses albums scelle le son d'une époque, en France et par-delà les frontières : «A la fin des années 60, je n'aurais jamais imaginé que ces musiques seraient mixées 40ans plus tard, sourit Jack Arel. Bien qu'ancrées dans leur temps, elles doivent contenir une part d'intemporalité pour fasciner à ce point les nouvelles générations. » Jack Arel s'est dirigé vers l'écriture musicale, après le conservatoire. Il a composé des chansons pour de nombreuses vedettes francaises et internationales. Attiré depuis toujours par le jazz, ses maitres sont : Stan Kenton, Cliford Brown, Art Tatum, Gerry Mulligan, Miles Davis, Bill Evans, Stan Getz, John Coltrane, etc. Sa rencontre avec Marcel Carné marquera un tournant décisif dans sa carrière puisqu'il commencera à écrire pour le cinéma et la télévision.
Son nom appartient à la constellation des compositeurs dont l'écriture a marqué au fer rouge la musique populaire des années 60s/70s. La variété, la télévision, le cinéma, le ballet et le théâtre ont imposé la signature de Jack Arel, tout en préservant un certain mystère autour de sa nationalité. Française ? Américaine ? Anglaise ? Cette ambiguïté prend racine à son premier long-métrage, Les Jeunes loups, pour lequel le vétéran Marcel Carné exige des collaborateurs de création anglo-saxons. On lui propose une chanson qu'il adopte aussitôt, I'll never leave you… avant de découvrir que Jack Arel est bien français, tout comme Nicole Croisille, camouflée derrière le pseudonyme de Tuesday Jackson. I'll never leave you sera le tube fondateur d'Arel, le premier jalon d'une carrière où il rencontre des interprètes nommés Eddy Mitchell, Tom Jones ou Florent Pagny, met en musique les images de Nadine Trintignant et Fernando Arrabal, habille la télévision d'indicatifs mémorables, dont l'inoxydable ballade folk de Trente millions d'amis. Dans l'œuvre de Jack Arel, il reste un vaste territoire à défricher, celui consacré à l'illustration musicale, fruit d'une longue et fructueuse collaboration avec Chappell, entamée au printemps 1966. A l'époque, la musique de librairie est toujours la chasse gardée d'une génération de compositeurs des années 40s/50s, encore sous l'emprise des valses, slows, fox et autres rythmes aux reflets argentés. Avec le jeune Jean-Claude Petit en complice d'écriture, Arel va donner un coup de pied dans la fourmilière. Il élabore un album Dance and mood music au concept expérimental : une face de jingles, une face instrumentale, influencée par la musique d'outre-Manche. Succès immédiat, notamment en radio. Un second trente-trois tours est aussitôt mis en chantier. « Nos séances ressemblaient à des expériences de laboratoire, se souvient Arel. On fusionnait des éléments issus de la pop, du jazz, du rock. C'était à la fois très écrit, très préparé… et très libre. Ce qu'appréciaient nos solistes, des pointures comme Jean-Luc Ponty, Maurice Vander ou Georges Arvanitas. Avec nous, ils trouvaient une ambiance différente, sur de longues plages orchestrales, où ils pouvaient pleinement s'exprimer. C'était une vraie bouffée de liberté : affranchi des contraintes imposées par une image ou un texte, j'écrivais des morceaux dont la télévision, la publicité ou le cinéma s'accaparaient dans un second temps. Cette musique sortait de moi, c'était profondément celle que j'avais envie d'écrire. »
Onze vinyles à l'arrivée, à la cadence d'un trente-trois tours annuel, une partie du voyage partagée avec Petit, l'autre avec Pierre Dutour. L'impact des albums scelle le son d'une époque, en France et par-delà les frontières, jusqu'au mythique village du Numéro Six : plusieurs titres (dont le fameux Psychedelic portrait) suivent pas à pas les déambulations métaphysiques de Patrick McGoohan, l'espace de plusieurs épisodes du Prisonnier. Au virage du nouveau siècle, c'est encore d'Angleterre que vient la reconnaissance à travers une anthologie des sessions Chappell d'Arel, double CD que s'arrachent illico les DJ de New York, Tokyo ou Caracas. « A la fin des années soixante, je n'aurais jamais imaginé que ces musiques seraient mixées quarante ans plus tard, sourit Jack Arel. Bien qu'ancrées dans leur temps, elles doivent contenir une part d'intemporalité pour fasciner à ce point les nouvelles générations. » Il n'a pas tort et l'écoute du présent album le confirme haut et fort. Avec ses albums Dance and mood music, Jack Arel a définitivement fait entrer l'illustration musicale dans une ère nouvelle, celle de la modernité.
Stéphane Lerouge 2007

Illustrateur sonore de renom (30 MILLIONS D'AMIS à la télévision), Jack AREL a aussi touché à la musique de films. Notamment en 1968 avec Marcel CARNE sur LES JEUNES LOUPS, dont la chanson I'll never leave you était interprétée par Nicole CROISILLE. C'est à la même époque qu'il a composé les morceaux de ce double album d'anthologie; Des thèmes très variés enregistrés à Paris pour les éditions Chappell avec deux jeunes complices nommés Jean-Claude PETIT (Qui faisait ses gammes bien avant CHAMPS ELYSEES) et le trompettiste Pierre DUTOUR. A l'arrivée : Une série de onze albums DANCE AND MOOD MUSIC dont les 25 meilleurs extraits sont regroupés sur le premier cd. Jack AREL et Pierre DUTOUR ont signé des thèmes très dynamiques avec, évidemment, une part importante réservée aux cuivres. Shore Of Sumatra se distingue par une mélodie puissante à la clarinette soutenue par les trompettes et une rythmique électrique. Tandis que L'Amour Et L'Enfer se révèle un titre dans l'ère de la fin des années 60 joué par un orgue sur une mélodie douce amère. Surtout, on leur doit les 4 tableaux autour des saisons : Des morceaux souvent pianissimo et vocaux (Spring), parfois plus rock, urbain (Summer) ou obsessionnel (Winter), élégant avec des cordes pincées (Autumn). Les morceaux co-composés par Jack AREL et Jean-Claude PETIT se distinguent d'abord par des couleurs jazzy proches d'un autre jeune compositeur nommé Lalo SCHIFRIN. On y retrouve des rythmes issus des cultures sud américaines, comme la bossa nova dans Visit To Florida. Quant aux orchestrations, elles font, comme dans Jungle Soul, la part belle aux flûtes, à l'harmonica et aux percussions. On trouve aussi un grand sens de l'efficacité : Strange Galaxy et Ahmenabad allient force de la mélodie répétitive aux orchestrations électriques : Claviers, utilisés à la manière des films policiers américains, et guitares. Les thèmes sont de durées assez variables. Mais toute une série de morceaux, ou plutôt d'indicatifs, durent à peine plus d'une minute, un temps tout à fait adaptée à des génériques de télévision. De la Planification pianissimo au Train Bleu, du pop Riff and Blues à Objectif Rythme, ces thèmes atteignent leur cible ! Quant au deuxième cd, il contient 18 revisites par des pointures de la musique électronique actuelle, preuve de la modernité de ces musiques datant de presque 40 ans ! Parmi les titres les plus repris, on trouve Picture Of Spring par Count De Money, Swayzak, Marc COLLIN, et BANG BANG. Mais aussi Strange Galaxy par Danny Wild & Goldfinger et Villeneuve; Autant de (re)créations, d'hommages illustrant l'intemporalité des mélodies et la popularité de Jack AREL. Indispensable, rare, cette compilation sort de l'ombre un compositeur souvent moins connu que ces musiques ! Surtout, elle rend compte d'un artiste qui, en quelques mesures, parvient à installer une ambiance ! Des originaux d'hier aux remix d'aujourd'hui, les musiques de Jack AREL, continuent de traverser les écrans…De Paris à Liverpool !
CINESERENADE

 

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